Reportage dans l’atelier Degrave Motocycles à Quatzenheim dans le Bas-Rhin.

Une après midi dans le temple de la restauration chez « Degrave Motocycles » à Quatzenheim dans le Bas Rhin avec Régis. (15/06/2018)

Il est des rencontres qui sont placées sous le signe de la patience. On sait qu’elles auront lieu un jour, il suffit d’attendre le bon moment. Amateurs passionnés de belles cylindrées, nous bourlinguons tous azimuts et sans relâche à l’affût de jolies choses, prêts pour l’effet waouw !!!
Avec Régis, c’est ce qui s’est passé ! 

Par le biais des réseaux sociaux et d’un ami commun, Pierre Brancaleone de RAD Magazine, nous avons commencé à échanger. Réunis autour de la passion des belles motos, l’agence See-You aka Claude Fischer s’est mise à suivre le travail de Régis depuis plus de 2 ans avant de le croiser une première fois sur le Salon Auto Moto Classiques qui s’est tenu au Wacken en avril 2018. Et waouw, bim dans les mirettes ! Les oldtimers présentés ont tous comme point commun d’avoir été restaurés avec minutie, amour et un savoir-faire maitrisé. Et quand des dingues de moto se rencontrent, forcément ça fait des étincelles.
Sur invitation de Régis, nous nous sommes donc rendus en juin à son atelier, situé à Quatzenheim dans le Bas-Rhin. C’était là l’occasion de faire un peu plus connaissance et de plonger dans son univers. Régis s’est posé ici avec ses outils, ses motos et sa famille en 2012. Point de chute, port d’attache, il est finalement arrivé là, après avoir fait ses armes chez les plus grands.

Après un BTS MCI (Moteurs à Combustion Interne), il a travaillé chez Kawasaki, Renault et PSA, poursuivant ainsi pendant près de 10 ans une trajectoire dédiée à la mécanique. Il garde de ces années de formation la satisfaction d’avoir développé de bout en bout des projets qui l’ont mené de Grenade au Cercle Polaire et l’émulation des soirées entre connaisseurs, sous le signe de la bricole et l’expérimentation. C’est d’ailleurs ce goût du réglage, de la réparation et de l’amélioration qui l’anime depuis toujours.
Point de jeux vidéo pour le marmot qu’il était. Son truc à lui, c’était la compétition de voitures radio-commandées, où déjà des notions de mécanique et beaucoup de dextérité étaient de mise.

Il faut dire que Régis baigne dans ce réservoir depuis toujours, on peut même dire que c’est une histoire de famille. Imaginez donc, il a commencé à rouler à 14 ans sur une Peugeot 104 bleue version luxe (la classe au collège*) puis il s’est attaqué à la restauration de sa 1ère mobylette à 15 ans, guidé par son père, depuis il n’a jamais arrêté…
Quand, à 16 ans, il commence à lorgner sur la CB125S 1er modèle de sa mère, rouge et blanche aux chromes parfaits et qui trainait dans le garage de ses parents, il a un vrai coup de coeur… Mais ses parents mettent un gros coup de frein à ses envies et ils préfèrent la vendre arguant d’une tenue de route et une fiabilité des freins aléatoires… Evidemment, c’est une grosse déception !
Tombé amoureux des bécanes, et à défaut de pouvoir en piloter une tout de suite, il passe tout son temps à restaurer (les mains fourrées dans les meules glanées ça et là, ou celles des potes !*) Mais, comme en amour, le temps fait son oeuvre…

A 19 ans, il tient enfin sa 1ère moto ancienne, une Honda CB450 K5 DOHC de 1973, 15000 km, d’origine. Il la bichonne et traverse la France avec, de Arras jusqu’en Savoie, où il effectue son stage de BTS. Un rider était né, le style en prime
Parallèlement à cela, il continue sur son temps-libre à faire de l’aéromodélisme en miniature, on peut même dire qu’il a été à la pointe de l’évolution de l’électronique avec les 1ers accus LiPo, à en juger par les parutions qu’il a faites dans les revues spécialisées.
C’est tout naturellement qu’il s’est mis à exposer de 1997 à 2009 les différentes restaurations qu’il a réalisées. Pendant cette période, il travaille également à la préparation de motos aux Coupes Moto Légende d’abord à Montlhéry, puis à Dijon. A chaque fois, c’est un succès et son travail est reconnu…Une envie, puis une idée commencent à voir le jour… On n’oublie jamais ses premières amours…

Il démissionne en 2008, continue à rénover des motos pour lui, tout en carburant du ciboulot. Il se lance finalement en 2010, d’abord avec Degrave Techniques Restauration puis crée la structure actuelle Degrave Motocycles. Au début, il s’attelle surtout à de l’entretien, puis il travaille pour des clients qui lui font confiance pour de la restauration. De moteur en moto, il commence à se faire un nom, et pas seulement lors de rassemblements…
Aujourd’hui, l’atelier Degrave Motocycles fourmille d’activité et de projets, tous plus passionnants les uns que les autres. On restaure et on donne une seconde vie à toutes sortes de oldtimers.

Régis poursuit notamment deux projets perso au travers desquels il met à profit toute son expertise en la combinant à ses envies, avec un soin permanent apporté à la mécanique et à l’esthétique :

• Il travaille d’une part (A temps perdu, ce qui devient rare) sur un board-tracker Mobylette AV3 de 1954, avec un cadre préparé et des bouts vélo Motoconfort femme et d’un cadre de vélo Hollandais sur lequel il peaufine l’assemblage de deux moteurs AV3. Véritable orfèvre de la moto, il veut bâtir une chimère mécanique, dont il espère qu’elle fera briller les yeux des passionnés et surtout les siens, un doux délire en somme, histoire de s’essayer aussi au brasage (pour le cadre) et au TIG (soudures en 6/10e de mm en angle, pour le réservoir). 

• Son deuxième projet de longue haleine, pour lequel il collecte depuis 2009 différents éléments, c’est une Honda CB 750 four K0 de 1970 avec un moteur de 1000 cm3 taillé dans la masse, rampe de carburant Keihin CR, freins Menani, (répliques de tambours Ceriani) tout en magnésium en 250mm à l’avant et 210mm à l’arrière, avec préparation culasse et grosses soupapes, bielles renforcées, pistons haute compression, boîte de vitesses racing (1ère longue, le reste rapproché), 4 mégaphones hydro-formés et réservoir et cul de selle en aluminium, faits main.

Des projets perso auxquels il consacre ses rares moments de libre et qui s’inscrivent donc dans la longueur, car il faut dire qu’on ne chôme pas chez Degrave Motocycles. Régis met un point d’honneur à sous-traiter au minimum et préfère concevoir un projet de A à Z, des peintures moteur aux soudures acier ou alu, en passant aussi par les phases de sablage ou de polissage, tout est fait en interne. Les savoir-faire de l’atelier vont de la confection sur-mesure de câbles de commande, au rayonnage ou même au montage et réglage moteur, parfois même le remontage à partir d’une caisse entière de pièces moto. De la restauration tous azimuts et toutes directions !

Nous vous invitons donc à découvrir le travail et l’univers de Régis au travers des photos que nous avons réalisées à son atelier mais n’hésitez pas non plus à pousser la porte du garage. Qui sait, vous pourriez bien y faire restaurer ou entretenir votre destrier préféré, et Régis ne vous laissera certainement pas indifférent, car comme il le dit lui-même « La mécanique, c’est un peu copier le vivant à notre sauce, jouer avec la physique et la chimie, créer un être vivant de carburant, essence et oxygène ».

Succombez à cette belle mécanique du coeur !

Degrave Motocycles : 

3, route de Hurtigheim – 67117 Quatzenheim

Tél. : 06 36 08 48 30

https://www.facebook.com/Degravemotocycles/

* dixit Régis Degrave

Nos autres book photo